La personnification du marché consiste à écrire un marché financier comme s’il s’agissait d’une seule personne dotée d’une vie émotionnelle : il a des peurs, il a besoin d’être apaisé, il s’affole, il ne dort plus. Le procédé fait deux choses à la fois. Il remplace une liste d’institutions, un fonds de pension précis, un fonds spéculatif précis, une banque centrale précise, par une humeur, et une humeur ne peut être ni sollicitée par un lobby, ni régulée, ni nommée. Et il s’associe naturellement à la voix passive sans agent : « les investisseurs se sont mis à vendre des obligations » ne nomme aucun investisseur.