Le cadrage hippique (en anglais horse-race framing) consiste à couvrir une décision politique comme une compétition : une bataille, un match, une unité « mise à l’épreuve », un dirigeant qui « recule » ou profite d’une remontée dans les sondages. La compétition existe bel et bien : les responsables politiques s’affrontent, et les lecteurs veulent savoir qui l’emporte. Le problème est la substitution. Dès que l’histoire est racontée comme une course, ses questions naturelles deviennent « qui mène ? » et « qui a cédé ? », et celles qui permettraient de juger le résultat (que contient le budget, que dit l’accord, qui paie) ne sont plus posées. La course apporte aussi sa propre précision : sondages, dates, scores à la décimale près, qui donnent au texte un air factuel alors que le fond reste vide.

Le test : rayer tous les mots qui parlent de gagner, de perdre, de se battre ou de tenir ensemble, et regarder ce qui reste. Si les phrases restantes ne disent pas au lecteur ce qui a été décidé ou proposé, la course était toute l’histoire.