Un euphémisme verbe-produit décrit un préjudice avec le vocabulaire de l’outil qui le produit : un verbe court et enjoué, inventé pour vendre un service, puis repris dans le titre comme s’il s’agissait d’une description. Le mot sonne comme une fonctionnalité, de la famille d’« embellir », « personnaliser » ou « améliorer », et ne dit rien de l’acte : qui est lésé, sans consentement, au regard de quelle loi. Le nom ordinaire figure le plus souvent dans le dossier judiciaire ou la déclaration du parquet. Il n’arrive simplement pas jusqu’au titre.

Il se distingue de l’euphémisme blanchi, où le mot adouci vient d’une institution (un ministère, une police, le service de presse d’une entreprise) et se répète jusqu’à paraître neutre. Ici, la source est le marché : ceux qui vendent l’outil, ou s’en servent. Reprendre leur verbe donne à l’acte le registre d’une catégorie de produit, et une catégorie de produit éveille la curiosité pour le produit plutôt que l’attention pour la victime.

Le test est simple : remplacer le verbe par le nom de l’infraction, et voir si le titre se lit toujours aussi doucement.