Le contrepoids nostalgique est un paragraphe placé à la fin d’un article, après le contenu difficile, qui détourne l’attention du lecteur vers quelque chose de chaleureux et sans rapport : une discographie, un montage de moments forts, un surnom tiré d’une couverture plus heureuse. Il fonctionne comme un chasse-douleur : le fait désagréable a été rapporté, techniquement, puis immédiatement dilué par un bruit agréable avant que le lecteur ne referme la page.
- La couverture de huit chefs d’accusation pour abus sexuels sur enfant contre un ancien chanteur pop se refermait ainsi : « Glitter was one of the biggest stars of his time, selling 18 million records in five years » (« Glitter était l’une des plus grandes stars de son époque, vendant 18 millions de disques en cinq ans »), suivi d’une liste de ses tubes. La juxtaposition, des titres de tubes juste sous le récit d’une enfant « aged between eight and 11 » (« âgée de huit à onze ans »), était le choix de fin de la rédaction elle-même, pas une construction de cette critique. L’histoire n’a pas été étouffée. Elle a été mise en musique.