La quarantaine d’attribution, c’est un mot qu’une rédaction accepte d’écrire en son propre nom à propos d’un acteur, et qu’elle n’imprime qu’entre les guillemets de quelqu’un d’autre à propos d’un autre. Prise isolément, chaque phrase ressemble à une pratique rigoureuse : le média affirme ce qu’il peut assumer, et attribue ce qu’il ne peut pas. Le biais tient au motif d’ensemble. Le même mot, ou le même fait, est assumé dans un sens et loué dans l’autre, et le lecteur n’apprend jamais pourquoi la règle a changé. Ce qui reste entre guillemets se lit comme une allégation. Ce que la rédaction dit sans guillemets se lit comme le monde.

Le test, c’est la symétrie. Repérez le mot le plus dur de l’article et demandez-vous si le média l’écrirait sans guillemets en inversant les rôles. Si la réponse est non, les guillemets ne font pas un travail d’attribution. Ils font l’argument.